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Les peuples nomades d’autrefois, pour qui la chasse, la pêche et la cueillette constituaient le quotidien, vivent désormais dans des communautés modernes. Mais ce rapport à la nature demeure à la base de nos cultures. 

Partir à la rencontre des Nations autochtones, partager une sortie en canot ou de pêche à la truite, d’observation d’ours, de cueillette de plantes médicinales, c’est non seulement vivre une expérience authentique sur des sites mettant leurs traditions en avant-plan mais c’est aussi participer au respect de notre environnement commun.

Observer la faune

L’observation de la faune (castor, ours, caribou, orignal, oiseaux, etc.) arrive en tête de ces activités enrichissantes à faire partout au Québec. Qui mieux qu’un guide Inuit peut vous accompagner au bord de la banquise, au large du Nunavik, pour voir un ours polaire « pêcher » ou des phoques batifoler dans l’eau glaciale ? Qui, mieux qu’un Innu de la Côte-Nord (dont la famille a, depuis des générations, suivi la migration des caribous de la Rivière George), peut vous faire comprendre le lien spirituel qui unit l’homme à l’animal ? Plus au sud, vous pourriez observer l’ours noir dans l’une des pourvoiries innues des Entreprises Essipit (sur la Côte-Nord) ou un barrage de castor lors d’une randonnée en canot avec un guide atikamekw de Wemotaci (en Mauricie).

Partager le savoir-faire

Ayant vécu longtemps en autonomie, les autochtones sont passés maîtres dans l’art de fabriquer tout ce dont ils ont besoin à partir d’éléments de la nature. Aujourd’hui, ils partagent ces savoirs lors de passionnants ateliers. Au camp culturel Nuuhchimi Wiinuu (dans la région d’Eeyou Istchee Baie-James), on propose, par exemple, d’apprendre à fabriquer des pagaies ou des raquettes, tandis qu’à l’Institut culturel cri Aanischaaukamikw d’Oujé-Bougoumou, un artiste transmet les rudiments de la sculpture en bois de mélèze d’appelants pour la chasse à l’outarde. Le Site d’interprétation micmac de Gespeg en Gaspésie propose pour sa part des ateliers de fabrication de roues médicinales (cercles de vie), de cordes et de bâtons de parole.

Dormir sous la tente

Vivre en nature implique pour les Autochtones de dormir sous un tipi, une maison longue, un shaputuan ou un wigwam, sur un lit de sapinage odorant. C’est ainsi aussi que vous pourriez passer vos nuits, par exemple, sur les sites de l’authentique Amishk dans Lanaudière ou en territoire huron-wendat, dans la maison longue Ekionkiestha adjacente au magnifique Hôtel-Musée Premières Nations.

Découvrir la pharmacopée autochtone

Les Autochtones ont appris à reconnaître et utiliser une bonne centaine d’espèces de plantes comestibles, aromatiques et médicinales… Ces dernières forment une impressionnante pharmacopée ! Jeune pousse de sapin anti-toux, fleur de quenouille anti-brûlures, compresse de sphaignes ou racines de savoyane anti-aphtes en sont quelques exemples. Bien des communautés vous guideront, au travers d’activités, dans ce monde très riche de la médecine naturelle. Tel est le cas au Musée des Abénakis, à Odanak (en Montérégie) où la balade sur le sentier interprétatif Tolba vise à redécouvrir « les secrets de la Terre Mère ».

Partir à l’aventure active

Aux amoureux des grands espaces, on conseillera une immersion dans la toundra du Nunavik en traîneau à chiens, en motoneige ou en randonnée en compagnie d’un guide inuit passionné. En Abitibi-Témiscamingue, la communauté algonquine de Pikogan (Première Nation Abitibiwinni) n’est pas en reste, avec des séjours guidés en canot sur la rivière Harricana qui embrassent de larges pans de la culture algonquine. Près du lac Mégantic (dans les Cantons de l’Est), l’Hébergement Aux Cinq Sens invite aussi à un « voyage dans la toile vivante qu’est la Terre Mère » pour se connecter à la nature à la façon huronne-wendat, avec une « marche avec l’esprit de la forêt » au son du tambour. Quant au parc régional du Mont Ham (dans les Cantons de l’Est), il a développé un partenariat unique avec le Grand Conseil de la Nation Waban-Aki, débouchant sur la création d’un Espace Abénakis dans son bâtiment d’accueil, une offre d’hébergement en tipis et l’ouverture, bientôt, d’un sentier d’interprétation aux couleurs abénakises.

 

Une Francaise au Mushuau-nipi

Laurence Gounel, journaliste indépendante à Paris, n’avait jamais mis les pieds au Canada et « ne connaissait rien des autochtones », quand elle a été catapultée en hydravion, en septembre dernier, au bord de la rivière George, dans le nord du Québec. « Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais je n’ai pas été déçue! »

Pendant six jours, elle y a vécu de beaux moments : partir en bateau pour relever un filet de pêche et revenir avec une grosse outarde dans les bras, déjà plumée et prête à cuire; assister à la chasse au caribou… Vivre de telles expériences, selon elle, c’était la meilleure façon de comprendre l’importance de la chasse, de la pêche et de la cueillette pour les Autochtones qui prennent « ce que la nature a à leur offrir, sans gaspiller ».

L’immersion s’est poursuivie en participant à la vie du campement, en faisant la cuisine avec les femmes, en écoutant leurs histoires, en allant cueillir des baies sauvages… « Aller chercher l’eau à la rivière, note-elle, nous ramène au fait que la ressource est précieuse. » Laurence Gounel a aussi dû faire preuve d’humilité. « Quand Joséphine Bacon (ndlr : poétesse et réalisatrice innue), qui était avec nous, a eu mal à la gorge, on m’a envoyée avec un échantillon de branche de mélèze pour en trouver une autre dans la toundra et lui faire une infusion. Je suis revenue bredouille après une heure, alors qu’il y en avait tout près! »

Ce voyage, Laurence n’est pas prêt de l’oublier. « C’est le premier qui me fait réfléchir sur nos façons de vivre et sur mon travail de journaliste spécialisée en tourisme. Ça me ramène à l’essentiel: raconter des histoires qui sont d’abord humaines ».